Confinement, Messes et offices

Chemin de Croix

Méditation du P. Xavier Grandpierre
Photos : Chemin de Croix de St-Epvre - M. Pascal Bock



Première Station
Jésus est condamné à mort


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Qui peut condamner à mort celui qui est le Verbe de Dieu de toute éternité ? Personne ; ni les foules menées par les pharisiens, ni Pilate, ni les soldats romains.

D’ailleurs personne ne veut revendiquer sa condamnation à mort : les foules ne pensent être là que pour mettre la pression sur le pouvoir, le gouverneur ne peut que se dédouaner d’une condamnation qu’il n’a jamais encouragée, et les soldats ne cherchent qu’à obéir…

En réalité, Jésus ne peut être condamné à mort que parce qu’il a bien voulu se faire homme pour nous sauver du péché.

Passant sur la terre pour y semer le Royaume des cieux, le Fils de Dieu hérite ici dans tout son être, de la situation du refus de Dieu où s’est mis notre monde.

Pardon Seigneur Jésus pour refuser si souvent dans nos cœurs la merveille de l’accueil de ton amour gratuit sans condition.



Deuxième Station
Jésus est chargé de sa croix


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


La croix que l’on demande au Christ de porter est bien celle qu’il avait annoncé à ses disciples qu’il porterait. Jésus connaît sa croix : elle est faite de tous les obstacles que nous mettons à nous laisser aimer par Dieu pour vivre. Son sacrifice consiste à nous décharger de ce poids trop lourd pour nous. Surtout lorsque nous pensons dans notre enfermement que la rédemption n’est pas un travail digne de l’idée que nous avons de Jésus : « Seigneur cela ne t’arrivera pas », pense donc à autre chose, on est là nous, pour te soutenir, et puis tu es tellement capable de mieux à notre avis. Les propos de Simon-Pierre proviennent vraiment du diable, alors que Jésus lui nous aime et nous sauve en embrassant notre croix. Elle est le seul moyen qui lui reste pour nous rejoindre…

Permets-nous Seigneur de te magnifier en étant fier de ta croix par laquelle tu nous sauves en la portant.



Troisième Station
Jésus tombe pour la première fois


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Jésus, parce qu’il est le Fils de Dieu fait homme, a connu des faiblesses physiques. Avoir faim, être fatigué.… Enfant, il a appris à marcher aussi en tombant. Au cours de sa Passion, il a porté cette croix construite assez solidement, pour qu’il puisse y être crucifié. Le charpentier connaissait le port des poutres, mais au milieu de la foule seulement curieuse ou bien en furie, son poids lui paraît tout autre, et ce n’est donc pas d’une chute comme d’autres plus ordinaires que Jésus tombe. Sur son chemin de croix, nous voyons « pour la première fois » que Jésus connaît la cruauté d’une chute qui est de tomber en y étant précipité.

Merci Jésus d’être tombé là où nous mène nos offenses envers toi, car en t’en relevant tu permets à notre humanité que nous faisons déchoir, de se relever du péché.



Quatrième Station
Jésus rencontre sa très Sainte mère


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Que cela doit réconforter Jésus de rencontrer sa mère sur le chemin du Calvaire! Elle est la seule créature humaine qui, en raison de la venue de Dieu sur terre, se soit complètement laissée rencontrer par Dieu, jusqu’à l’enfanter selon la promesse faite à Israël. Quelle consolation pour le Fils de l’homme, à ce moment-là jeté en pâture au milieu des cœurs partagés et encore non convertis de la planète, rassemblés à Jérusalem. Même dans ces affreuses conditions, Marie garde en elle le désir humain du salut des hommes et elle l’apporte au Sauveur. C’est par cela qu’elle console son fils profondément. Car à vrai dire, qui dans cette foule désire vraiment changer ? Personne encore n’y songe sérieusement ! La Vierge Marie vit cela avec son cœur transpercé de maman, consentante au chemin d’humilité choisi par Dieu, et elle réconforte son fils.

Apprends-nous Jésus, à partir du mystère de ta croix où les intentions versatiles de nos cœurs sont dévoilés au grand jour, à te rencontrer avec l’aide de Marie notre mère.



Cinquième Station
Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Agriculteur, Simon est un travailleur banal de son époque qui n’a pas l’impression dans son travail de participer spécialement au plan du salut divin pour le monde. Et pourtant, c’est lui que Dieu va solliciter en premier dans tout ce désordre , afin d’y travailler avec lui. Par les soldats romains, Dieu fait appeler Simon à la rescousse de son Fils en péril. On découvre ainsi que pour que Jésus puisse manifester tout son amour au monde par sa mort et sa résurrection, il veut avoir besoin d’un soulagement par le labeur invisible de personnes telles que Simon à son œuvre. Cet homme qui revenait du travail des champs le voulait-il au départ ? Certainement pas dans ces conditions, et pourtant sa contribution est irremplaçable pour faciliter la déclaration de l’amour du Christ à l’humanité perdue.

Seigneur rend-nous heureux de reconnaître qu’aucune contrainte extérieure, quand nous nous offrons à la miséricorde de Jésus, n’est étrangère à nous ouvrir le plan du salut de Dieu.



Sixième Station
Une femme pieuse essuie le visage de Jésus


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


À la suite de la mère de Jésus, c’est Simon puis Véronique qui représentent les hommes et les femmes que Dieu ouvre à l’amour de son Fils. Si Simon était attendu avec sa force masculine pour faciliter la rédemption que Jésus voulait ardemment distribuer à notre terre, Véronique est remerciée par le Christ d’avoir de la compassion envers son humanité souffrante en prenant l’initiative de faire le possible dans l’impossible. Montrer de l’amour par un geste de compassion quand partout domine la haine ou l’indifférence, vaut à Véronique son prénom de « vraie image » de Jésus par le linge qu’elle avait employé pour que son visage soit respecté. Cette sainte femme manifeste encore à notre époque, par son désir aimant de prendre soin, que tout être humain est toujours plus grand que les malheurs qui peuvent l’affliger. Et cela en raison de l’amour de Jésus, qui nous sauve de nos péchés.

Demandons au Christ de nous aider, en aimant nos frères et nos sœurs comme des prochains, à rechercher en eux l’image et la ressemblance du Père céleste. Et prions Jésus pour les soignants très sollicités actuellement en raison de l’épidémie.



Septième Station
Jésus tombe pour la deuxième fois


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Jésus ne sait pas nous reprocher d’être pêcheurs, mais seulement en souffrir. Connaissant la manière dont les hommes ignorent l’amour de son Père, il n’est pas surpris que nous nous abîmions nous-mêmes et entre nous. Parce que le Seigneur ne supporte pas que nous n’ayons pas foi en lui, sur le chemin chaotique que nous décidons d’infliger à nos vies, il vient nous chercher en en payant le prix. Rien de la condition misérable du pêcheur ne l’empêche de nous manifester plusieurs fois la fidélité de Dieu à nous sauver ; autant de fois que cela sera nécessaire…

Seigneur nous sommes revivifiés par ta fidélité qui nous libère et que tu nous fais connaître en particulier dans le sacrement de pénitence et réconciliation.



Huitième Station
Jésus console les filles de Jérusalem


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Sur le chemin du calvaire, certaines pleurent en voyant la condition d’humiliation qu’on impose à Jésus. Cependant le Seigneur lui, contrairement à beaucoup de nos mauvaises habitudes, ne s’en plaint jamais, et il retourne la situation à l’avantage de ces femmes qui s’anéantissent elles-mêmes. En reprenant son souffle, Jésus leur demande qu’elles ne se trompent pas de compassion puisqu’elles ont des enfants à qui communiquer le salut de Dieu qu’il leur amène. La joie paradoxale de la Passion du Christ est de donner sa vie pour faire reverdir dans l’espérance de Dieu, ce qu’on a décrété comme des fatalités. En particulier la difficulté des éducations réputées impossibles.

Gardes-nous Seigneur dans l’Espérance que tu nous attends pour transmettre aux autres en paroles et en actes la bonne nouvelle de leur salut.



Neuvième Station
Jésus tombe pour la troisième fois


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Toutes les forces humaines de Jésus pour porter sa croix sont désormais épuisées. Il a tout donné. Rien n’était pour lui si précieux que d’arriver au lieu du Golgotha pour en quelque sorte y planter sa croix et nous montrer par son sacrifice jusqu’où son Père aime les pécheurs. Jésus nous donne ainsi la grâce, même quand nous avons tout compromis dans notre relation avec Dieu et avec les autres, de pouvoir nous laisser sauver quand même, par la miséricorde infinie de Dieu.

Seigneur donne-nous, quelque soient les effondrements dans lesquelles nous nous sommes enfermés, de ne jamais refuser la possibilité du relèvement que toujours tu nous proposes.



Dixième Station
Jésus est dépouillé de Ses vêtements


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Y a-t-il sur la terre un humain plus pauvre que Jésus, c’est-à-dire tout disponible à l’amour du Père céleste ? Sa pauvreté est une leçon de bonheur enseigné à la planète. Pour cela, la pauvreté divine n’est jamais misère, au contraire. Le supplice de la croix infligeait volontairement l’indignité au condamné par ses peines physiques et morales déjà exposées au public. Et c’était même la déclaration d’absence d’humanité du supplicié qui était soulignée si on le déshabillait. En l’empêchant de cacher sa nudité, on pouvait encore se moquer de lui, en assurant que ce qu’il avait emprunté à cette terre ne serait jamais à lui ! Quelle haine Jésus nous t’avons fait subir en réponse à ta venue pour sauver notre monde ! Jésus tu n’as pas craint, en raison de ton amour pour nous pauvres pécheurs, de prendre saintement sur toi la pire des hontes, pour y débusquer l’œuvre du démon, le voleur de nos âmes et nous en délivrer.

Nous te prions pour le rétablissement dans la paix de ton Père, de tous ceux qui subissent la souffrance des humiliations que tu as connues, et nous te demandons la conversion de ceux qui les font souffrir.



Onzième Station
Jésus est cloué à la croix


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


À force de nous être habitués, pour nos générations, à voir des crucifix, et spécialement dans les cimetières militaires du 20ème siècle avec leurs milliers de combattants, nous oublions facilement que ces crucifix représentent la violence de la mort que le Christ ne s’est pas épargné. Seigneur, tu veilles aujourd’hui par ta rédemption sur tous nos morts. Oui, Jésus couronné d’épines nous t’avons cloué les mains et les pieds, mais toi tu t’en sers pour immobiliser en nous l’homme pécheur et nous communiquer la vie nouvelle… Nous voulons par toi regarder les blessures de nos péchés qui déforment le visage de l’Église ton épouse. Mais tout en portant ces blessures sur ton corps et dans ton esprit, ta réponse est de nous défendre face au diable notre accusateur. Tu offres à ton Père ton désir de notre sanctification : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Donne-nous Jésus en ce Carême de regretter nos péchés pour nous convertir vraiment.



Douzième Station
Jésus meurt sur la croix


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


À ta suite Seigneur, chaque être humain qui renaît par ton baptême, reçoit désormais la force de s’appuyer sur ton cœur de chair que tu lui as révélé au calvaire. Ton cœur s’exprime maintenant pour tout homme en particulier dans le sacrement de l’Eucharistie par lequel tu viens transformer personnellement chacun d’entre nous. Marie était alors la seule à croire et à espérer vraiment avec tout l’amour de son cœur douloureux de mère pour l’Église. Car alors tu la choisissais pour nous, en offrant ta vie au monde par cette mort très sainte. Le coup de lance du soldat pour constater ta mort en transperçant ton cœur, donna paradoxalement ta réponse à toute cette haine que tolèrent si facilement nos cœurs de pierre : « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu » s’exclama le centurion.

Quelques puissent être nos péchés Seigneur, quand nous te les confions dans le sacrement de la réconciliation, tu nous donnes la grâce de pouvoir nous exclamer à notre tour avec reconnaissance que « tu es le Fils de Dieu ».



Treizième Station
Jésus est détaché de la croix
et remis à sa Sainte Mère


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Les premiers disciples comme Nicodème et ceux de la dernière heure comme Joseph d’Arimathie, s’affairent maintenant de leur mieux par leur générosité pour le corps inerte de Jésus. Les saintes femmes avec Marie recueillent avec précaution le cadavre du Seigneur dont chaque centimètre carré des blessures visibles, témoigne déjà de la miséricorde de Dieu qui vient de s’exprimer jusqu’au bout et pour toujours.

Seigneur, à la suite des proches de Jésus, nous nous croyons souvent également très démunis pour te répondre comme à notre Sauveur que tu es. Mais en toute circonstance, éveille nos esprits à tout ce qu’il y a à réaliser pour ton Corps mystique, l’Église. Par elle, avec le sacrement de ton corps passé par la mort, tu viens revivifier par l’Eucharistie l’amour vrai dans les cœurs, pour le bonheur éternel de toute personne.



Quatorzième Station
Jésus est mis dans le sépulcre


Nous t’adorons ô Christ et nous te bénissons
Car tu as racheté le monde par ta sainte croix


Une fin si banale pour une vie si magnifiquement donnée. Le sort de nous tous est ici assumé par le Fils de Dieu, sans tambour ni trompette. Son corps est déposé, comme toujours, par tous ceux qui, bien que respectant leurs morts, doivent avouer leur défaite face à la vie. Et pourtant la victoire est déjà en germe grâce à la simplicité avec laquelle le Christ emprunte notre chemin à chacun. En sa personne humaine immaculée, il a semé le grain pour toutes les résurrections qui surviendront après la sienne, car Jésus doux et humble est resté unit au Père du Ciel.

Par ce don inouï de ta mort sainte Seigneur, tu débarrasses notre humanité de ses péchés. Tu lui donnes par l’Esprit Saint, de revivre à tout jamais en toi pour ton Père. Prépares-nous encore cette année par ta Pâque, qui réalise la conversion de nos vies.

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2 commentaires

  • KIMMEL Bernadette Reply
    20 mars 2020 at 19 h 07

    Merci pour ce beau Chemin de Croix !!

  • Didier Reply
    20 mars 2020 at 20 h 05

    Merci, Père Xavier !

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