Confinement

Homélie du 22 novembre

P. David Vaimbois


Bonjour Majesté,

Peut-être, chers frères et sœurs, n’avez-vous pas trop l’habitude que l’on s’adresse à vous en ces termes. Pourtant, par notre baptême, nous avons été rendus participants de la dignité du Christ, dignité de prêtre, de prophète et de roi. Aussi, Majesté, en cette solennité du Christ, Roi de l’Univers, nous pouvons nous demander quelle est notre part dans cette fête.

Qu’est-ce que cela signifie ? Quelle est notre vocation royale ? Bonnes questions puisqu’aujourd’hui on ouvre le testament et on découvre l’héritage. « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde » (Mt 25, 34). Héritiers du Royaume : donc nous sommes ROI (au singulier). L’humanité entière a été créée pour être Reine, l’Épouse de l’Unique Roi de l’Univers, le Christ. Jésus est Roi. Donc, comme un roi, il faut que l’humanité-reine soit repue, abreuvée, bien vêtue et bien entourée. C’est son héritage, ainsi qu’il est écrit au livre du Deutéronome : « il n’y aura pas de malheureux chez toi. Le Seigneur, en effet, te comblera de bénédictions dans le pays que le Seigneur ton Dieu te donne en héritage pour que tu en prennes possession » (Dt 15, 4). ROI, nous ne devons pas tolérer qu’il y ait des malheureux et des pauvres parmi nous.

On entend bien les harmoniques avec la parabole d’aujourd’hui. À tous ceux qui auront eu soin du plus petit, tous ceux qui auront partagés, qui auront aimés, le Roi proclame : « Venez, les bénis de mon Père », autrement dit vous êtes ses fils, vous Lui ressemblez vraiment. Ceux-ci ressemblent vraiment à “Jésus, Berger de toute humanité” – comme on le chantait dans mon enfance lunévilloise –, ce berger dont parle le début de la parabole (v. 32) et dont parle la première lecture : « Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 15, 11). Nous serons jugés sur des actes concrets : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Il s’agit de faire des “œuvres bonnes”, comme les “bons et fidèles serviteurs” de dimanche dernier (Mt 25, 21.23). Nous n’entrerons pas dans le Royaume des cieux en disant “Seigneur, Seigneur” (cf. Mt 7, 21 ; 25, 11) ; mais en écoutant la Parole du Seigneur et en la mettant en pratique (cf. Mt 7, 24), en faisant la volonté du Père qui est au cieux (cf. Mt 12, 50).

Mais, de quel côté sommes-nous ? La parabole semble ne pas faire de demi-mesure : les bénis sont d’un côté, les maudits de l’autre. Ce roi ne connait pas de centriste… Pourtant, tous nous avons su, un jour ou l’autre, faire preuve de miséricorde envers le malade, le pauvre, l’affamé, l’ignorant, etc. Mais, tous aussi, nous avons, un jour ou l’autre, détourné les yeux, serré la main sur notre porte-monnaie ou fermé notre cœur à double-tour. Personne ne peut s’octroyer une place parmi les bénis du Père ; aucun d’entre nous n’est promis à faire partie des maudits. Dieu est Juge, mais un juste Juge, qui connait nos vies mieux que nous : « Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? […] Quand t’avons-nous vu ? » (Mt 25, 39.44). Dans cette opposition entre bénis et maudits (comme à chaque fois que ce genre d’opposition radicale nous est présentée dans la Bible), le Seigneur ne vise pas l’opposition entre deux catégories de personnes, mais entre deux attitudes. Il ne s’agit pas de séparer l’humanité en deux catégories, puisque chacun de nous connaît ses moments de lumière et ses moments de ténèbres.

Aussi, Majesté, la parabole d’aujourd’hui n’est pas une parabole sur le Jugement. C’est plus dérangeant que cela : il s’agit du lien entre tout homme et Jésus. Il s’agit d’être roi avec le Roi. « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Juste avant la Passion du Christ, les ultimes paroles de Jésus sont comme un testament. Au moment de quitter ce monde, Jésus, Berger et Roi, nous confie ses richesses, ses talents (cf. Mt 25, 14-30), nous fait confiance et nous confie l’humanité. Majesté, Vous comprenez alors que « régner, c’est Le servir dans les pauvres et les souffrants, dans lesquels l’Église reconnaît l’image de son Fondateur pauvre et souffrant » (S. Léon le Grand, serm. 4,1 ; CEC 786). Majesté, quel est Votre lien avec le Christ ?

Confinement

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NOTE : Le P. Bombardier nous livre aujourd’hui sa méditation quotidienne sur l’Apocalypse. Pour ceux qui veulent approfondir ce texte...

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