Confinement

Homélie du 23 mars

P. Xavier Grandpierre. Commentaire des lectures du jour : “L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit.”

Quelle merveilleuse promesse de Dieu nous transmet Isaïe dans la première lecture ! “Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit.” En plein Carême, avec le confinement requis, nous goûtons la grâce nourrissante de la Parole divine qui annonce la nouveauté du Christ. Quelle joie de comprendre lorsqu’on est chrétien, que ce temps très concret et déstabilisant pour la plupart que nous vivons en ce moment, correspond précisément à l’invitation à rejoindre enfin intimement, par la conversion du cœur, le projet rénovant de Dieu pour le monde en Jésus-Christ.

Avec la Parole de Dieu tirée aujourd’hui de l’Ancien Testament, les cœurs humains de tous les temps, sont mis au seuil de l’accueil du don de leur recréation par le Christ. L’épreuve présente fait rejaillir sur notre monde “de progrès” des peurs archaïques qui ne nous paraissaient souvent, même pour nous chrétiens, n’être plus contenues que dans la Bible. Ne soyons donc pas surpris que ces peurs habitent en fait l’homme fermé sur lui-même, puisque seule la nouvelle création des cœurs par le Christ apporte l’oubli du passé douloureux de la rupture avec Dieu, redoutée de notre esprit.

Dans l’évangile de ce jour, saint Jean nous montre la foi de ce fonctionnaire royal que Jésus voudrait que ayons tous. Au fond, nous attendons des signes pour croire vraiment que Jésus est le Seigneur de nos vies, mais Jésus nous montre au contraire qu’en l’ayant cru dans la détresse, ce fonctionnaire a pu obtenir le signe de sa Seigneurie. Signe qui lui tenait tant à cœur, au-delà même de son plus grand souci de la terre pour son fils ; Seigneurie de Jésus tant désirée mais alors inconnue au milieu des épreuves.

À notre tour, dans la prière ne craignons pas de présenter au Seigneur nos besoins les plus essentiels en ce temps de réclusion forcée. Ayons l’audace de la foi envers Jésus (bien qu’on nous demande physiquement de bouger le moins possible !) pour croire au renouvellement qu’il prépare au monde et que nous ne verrons pas réalisé sans y mettre l’amour de nos cœurs.

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