Confinement

Homélie du 4 avril

P. François Weber

La Passion du Seigneur, et avec elle toute l’histoire biblique, l’histoire du monde, et finalement notre histoire, sont toujours un courant à deux niveaux. Qui a saisi cette idée peut commencer à lever le voile sur le Mystère de la Providence divine, ou pour prendre un autre mot cher à St Paul, sur l’économie du salut.

Ces deux niveaux sont lisibles dans les lectures de ce jour, si l’on met en parallèle le texte d’Ezechiel et l’Evangile.

L’Evangile montre le procès du Seigneur qui s’achemine vers son dénouement dramatique. Rien n’y manque hormis la trahison de Juda, que la fin du texte introduit déjà : malveillance, duplicité, mensonge, aveuglement. Telle est l’histoire humaine, celle où nous nous débattons comme des soles dans un bocal.

Ce que saint Jean soulignera tout au long de la Passion du Seigneur est la majesté du Seigneur dans cette nasse malsaine : le Seigneur, jouet des puissants et des manipulations, objet apparemment passif de toute haine, mépris et violence, est le maître du jeu. Comme il le dit calmement à Pilate : “Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’En- Haut”.

La Grande Histoire, l’Histoire ultime, l’Histoire tissée par le Seigneur, est celle de l’Alliance Nouvelle. Ce n’est pas un Nième recommencement, après l’échec des précédentes. C’est l’échec même de la première alliance que le Seigneur absorbe et transforme en une histoire d’amour qui va changer tous les cœurs, selon la même prophétie d’Ezechiel : “Je vous donnerai un cœur nouveau”.

Dans ces temps difficiles pour toute l’humanité, ces temps d’Apocalypse, nous devons garder cette espérance qu’il y a une Providence divine et que le Seigneur a vaincu, à jamais, la mort et le non-sens de cette vie.

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