Confinement

Homélie du Dimanche VI Pâques

P. François Weber

Sans l’Esprit de vérité, nous ne pouvons pas entrer dans le mystère de la Résurrection. Sans l’Esprit de vérité, le Christ est un personnage de l’histoire dont la disparition (et la réapparition) est entourée de brouillard. Sans l’Esprit de vérité, nous ne pouvons pas proclamer que “le Christ est Seigneur” ; sans l’Esprit de vérité, nous ne pouvons pas accueillir Celui qui “revient vers nous”, nous ne pouvons saisir sa présence au-delà des sens.

Sans l’Esprit de charité, nous ne pouvons pas aimer comme Jésus nous le commande. Sans l’Esprit de charité, nous ne pouvons même pas voir notre péché pour en guérir. Sans l’Esprit de charité, nous sommes orphelins, nous ne pouvons pas entrer dans l’Amour du Père et du Fils car l’Amour du Père et du Fils est la Personne même de l’Esprit Saint.

L’Esprit, nous le recevons au baptême. Mais pas seulement au baptême. Regardons la première lecture de ce jour. Elle différencie deux gestes : le baptême “au nom de Jésus” que Philippe a donné, et l’imposition des mains de la part des Apôtres. L’Occident a compris ce passage des Actes comme la distinction entre le sacrement du baptême et celui de la confirmation. L’Histoire en Occident a voulu que les enfants soient baptisés finalement par leur curé (à défaut de l’évêque qui préside au baptême des adultes) : attendre que l’évêque passe dans la paroisse est risqué dans un contexte où les enfants en bas âge meurent fréquemment. En revanche, l’Occident a voulu garder le lien à l’évêque, successeur des Apôtres, en lui réservant habituellement le sacrement de la confirmation. Nous retrouvons alors la distinction des Actes : Philippe annonce l’Evangile et baptise, mais les Apôtres viennent “confirmer” le lien à l’Eglise de ces nouveaux baptisés et leur donne la grâce de la Pentecôte.

Le temps qui s’ouvre à la fin du Temps Pascal nous invite à rendre grâce pour le “don que nous avons reçu” lorsque l’évêque nous a “imposé les mains” – la confirmation. Prions pour les jeunes qui auraient déjà dû la recevoir et voient repoussé sans cesse ce sacrement.

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