Confinement

Homélie du Lundi de Pâques

P. Arnaud Mansuy

Dans la joie de la Résurrection du Seigneur, la liturgie nous donne à entendre les témoignages des rencontres du Christ victorieux de la mort. En ce lundi de l’Octave de Pâques nous entendons les témoignage des saintes femmes venues au tombeau. Après avoir entendu les paroles de l’ange qui annonçait que Jésus était le Vivant et qu’il ne fallait pas le chercher parmi les morts, elles ont la joie - et n’en pas douter la surprise inouïe - de voir Jésus.

Goûtons la délicatesse du Seigneur. En effet l’évangéliste saint Matthieu rapporte : « et voici que Jésus vient à leur rencontre et leur dit : “Je vous salue.’’ » Dans la joie de cette rencontre, les femmes « s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui ». Et le Christ d’accueillir leur adoration et de les rassurer : « soyez sans crainte ». Puis le Christ les envoie : « allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » ; cette mission illustrant qu’un témoin ne se contente pas de voir ou d’entendre une réalité, mais il annonce ce qui a été vu ou entendu. En contre-point du témoignage des saintes femmes envoyées auprès des disciples, saint Matthieu rapporte l’attitudes des grands prêtres et des anciens qui commandent aux gardes de produire un faux témoignage : ils « donnèrent aux soldats une forte somme en disant : “Voici ce que vous direz : … ‘‘ ».

Ce double récit, et les deux attitudes inverses qu’il présente, nous invite à accueillir la merveilleuse nouvelle de la Résurrection d’une part comme une certitude qui repose sur la fiabilité des témoins du Ressuscité, des saintes femmes et de ceux qui comme saint Pierre le reporte au jour de la Pentecôte attestent que « ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins ». D’autre part, il nous faut accueillir la merveilleuse nouvelle de la Résurrection comme une réalité qui suscite notre adhésion personnelle, une adhésion de foi, qui doit toujours se renouveler dans notre vie. Nous avons à accueillir cette nouvelle comme la réalité la plus certaine de notre vie, car elle est le socle de notre foi ; comme saint Paul l’écrit si le Christ n’est pas ressuscité nous sommes les plus malheureux des hommes (cf. 1 Co 15). Enfin, nous pouvons accueillir la merveilleuse nouvelle de la Résurrection, car le Christ agit au coeur de nos vies, nous-mêmes nous en sommes à la fois les témoins et les bénéficiaires. En ce lundi de Pâques nous pouvons faire mémoire de toutes nos rencontres avec le Christ, non pas dans des choses extraordinaires, mais les rencontres ordinaires de nos vies. Toutes et tous, nous avons fait l’expérience du Seigneur ressuscité qui se manifestait en nous donnant sa paix dans nos tempêtes intérieures, sa consolation dans notre tristesse. Le Seigneur a mis dans chacun de nos coeurs cette certitude de sa présence au milieu de nos peurs et il a fait résonner cette parole : « sois sans crainte ». Et comme les saintes femmes, nous pouvons entendre le Christ, nous inviter à partager notre joie de sa Résurrection.

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