Confinement

Homélie du Mardi III Pâques

P. François Weber

Nous voici comme revenus au lendemain de Noël, la fête de St Etienne le 26 décembre où nous lisons ce même extrait des Actes.

Peu après avoir lu la Passion du Seigneur, cependant, le texte prend un autre relief : St Etienne met ses pas dans ceux du Christ, proto-martyr, c’est-à-dire premier d’une longue liste de saints qui vont préférer le Seigneur à leur propre vie et s’unir à son sacrifice.

St Luc ne manque pas les points de convergence : faux procès, faux témoins, accusation à propos du Temple, profession de foi sur la Seigneurie du Christ (le Seigneur l’a faite à propos de lui-même devant le Grand Prêtre, presque dans les mêmes termes), l’esprit donné au Père, et le grain de sel typique du Nouveau Testament : le pardon aux bourreaux. Je rappelle juste en exemple le passage de la mort du 7e frère dans le deuxième livre des Maccabées (ch.7) :

33Si, pour notre châtiment et notre correction, notre Seigneur qui est vivant s’est courroucé un moment contre nous, il se réconciliera de nouveau avec ses serviteurs. 34Mais toi, ô impie et le plus infect de tous les hommes, ne t’élève pas sans raison, te berçant de vains espoirs et levant la main contre ses serviteurs, 35car tu n’as pas encore échappé au jugement de Dieu qui peut tout et qui voit tout.

Nous sommes au temps de la miséricorde institué par le Seigneur qui non seulement nous pardonne nos péchés, mais les excuse sur la Croix : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”.

Etienne est l’étonnant premier martyr, car il précède St Jacques, le premier des Apôtres à donner sa vie pour le Seigneur. Il est le disciple de la deuxième génération qui emporte la palme en premier – un “violent” du Royaume qui s’en empare, comme a peut-être prophétisé le Seigneur.

Dans son ombre, saint Paul, qui va recevoir du sacrifice d’Etienne la même ardeur à vouloir courir vers le Seigneur et à rattraper le collège des Apôtres dans leur don d’eux-mêmes pour “ravir” la palme. Dans son sillage aussi, le témoignage qui s’ouvre désormais aux Nations, à commencer par les Samaritains.

La grande histoire mondiale de la foi commence : le grain tombé en terre commence à lever et les oiseaux du ciel vont pouvoir se reposer sur ses branches.

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