Confinement

Homélie du Samedi III Pâques

P. Arnaud Mansuy

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Cette parole de saint Pierre dit sa foi profonde et son attachement au Christ, à l’heure où « beaucoup [des disciples de Jésus] s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner » car ils étaient scandalisés par son enseignement. Il confesses sa foi et il reconnaît l’identité du Christ qui est le Saint de Dieu. Nous comprenons que dans la parole de saint Pierre se réalise ce que Jésus vient d’annoncer : « voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père ». C’est le Père qui donne d’aller vers le Fils et de le reconnaître comme le Saint de Dieu, et dans le mystère trinitaire, c’est le Fils qui révèle au monde le Père (« qui m’a vu, a vu le Père » Jn 14, 9), et c’est dans le don de l’Esprit Saint que nous pouvons nous adresser au Père en lui disant « Abba » (cf. Rm 8, 15 ; Gal 4, 6) pour le prier selon l’enseignement de Jésus (cf. Mt 6, 9 ; Lc Lc 11, 2).

Simon-Pierre confesse également que le Christ a les paroles de la vie éternelle. Il met sa confiance en cet homme, Jésus, qui affirme que ses paroles » sont esprit et elles sont vie ». Peut-être que Simon-Pierre ne réalise pas entièrement à ce moment l’exigence des paroles de Jésus et la rudesse à certaines heures de la Parole de Dieu qui est « vivante », « efficace » mais aussi « plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants » qui « pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). Le Seigneur connait l’exigence de sa Parole, il sait que le cœur de l’homme est généreux mais qu’il est également changeant. Il sait que son enseignement demande la persévérance du quotidien, alors il convoque la liberté des Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? ». Saint Pierre y répond avec sa générosité qui se manifeste tant de fois dans l’Évangile. Cette question peut pourtant surgir au temps de l’épreuve. Elle surgira dans le cœur de Simon-Pierre à l’heure de son reniement, à l’heure où sa générosité ne sera plus aussi prompte à répondre devant l’insistance de ceux qui le reconnaissent et le désignent comme étant un compagnon de celui qui vient d’être arrêté (Jn 18, 25-27). Après le reniement et les larmes de la prise de conscience de son acte, saint Pierre pourra redire sa foi et confesser son amour pour le Christ son Seigneur (Jn 21, 15-17).

Dans cette apparition du Ressuscité qui termine l’évangile selon saint Jean, le Christ “répondra’’ d’une certaine manière à la confession de saint Pierre que nous entendons aujourd’hui, en ouvrant un chemin : « ayant dit cela, [Jésus] lui dit : “Suis-moi’’ » , puis une seconde fois : « Toi, suis-moi » (Jn 21, 19.22).

Au terme de ce dialogue dont nous sommes les spectateurs : « voulez-vous partir, vous aussi ? » ; « Seigneur, à qui irions-nous ? », le Seigneur nous adresse cette invitation : « toi, suis-moi » pour faire de nous les acteurs de ce dialogue, pour faire de nous ses disciples.

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  • nicole galand Reply
    2 mai 2020 at 9 h 03

    Viens ,suis moi ! cette proposition faite à chacun par le Seigneur nous met face à la liberté de notre choix de vie
    et du mystère du bien et du mal

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