Confinement

Homélie pour la Ste Catherine de Sienne

Mercredi 29 avril 2020,
Fête de sainte Catherine de Sienne
Docteur de l’Église (depuis saint Paul VI)
co-patronne de l’Europe (depuis saint Jean-Paul II)
P. Xavier Grandpierre



Commentaire des lectures de la fête : À un si grand amour, la plus grande réponse possible.



L’idéal de l’enfance dans l’Évangile est exalté par Jésus devant son Père pour tous les petits de la terre. Sainte Catherine de Sienne a fait partie d’eux dès sa prime enfance, par la simplicité de sa réponse à Jésus qui lui est apparu à l’âge de six ans. On pourrait répliquer à cette affirmation que la plupart des petits n’ont pas cette grâce d’avoir vu le Christ leur apparaître ! Mais la petitesse de Catherine transparaît dans sa réponse au Seigneur qui se montre à elle au-dessus d’une église, en portant les vêtements du Pape, entouré des apôtres Pierre, Paul et Jean et de saint Dominique. Catherine voit le Christ lui sourire et la bénir. À partir de ce moment-là, devant l’amour reçu de Jésus, elle se donne à lui sans réserve.

Là est la signification de l’enfance que Jésus transmet en ce monde à ceux qui l’aiment. Ce n’est donc pas une question d’apparitions ou de phénomènes surnaturels qui identifie le tout-petit. Il est celui qui avec le Fils se donne simplement au Père céleste, sans enfantillages, en entrant avec confiance dans sa prière du Notre Père pour nous ! C’est la réponse de sainte Catherine avec tous les petits du monde.

Depuis Pâques, nous pouvons entrer chacun personnellement dans cette réponse d’enfant de Dieu. Les nouveaux baptisés nous y invitent d’habitude… Nous voyons aujourd’hui que providentiellement par son calendrier des saints, l’Église illustre l’attitude spirituelle essentielle attendue pour notre bonheur par Dieu. Une autre coïncidence, pour nous inciter à beaucoup d’attention, est la date de naissance de Catherine de Sienne. 1347 c’est pour cette ville, l’année précédant l’entrée de l’épidémie de la peste noire… et de la réponse des confinements dans le meilleur des cas.

À la révélation de l’amour immense et personnel de Dieu, ne peut donc correspondre que la réponse totale de la créature ; voilà ce que nous enseignent les tout-petits qui réjouissent Jésus ! La première lettre de saint Jean ce jour, a des mots éclairants sur cette réalité spirituelle : “Dieu est lumière, en lui il n’y a pas de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous ne faisons pas la vérité”. Si nous voulons comme sainte Catherine de Sienne nous laisser aimer de la Lumière de Jésus, nous devons faire en nos cœurs la vérité. Combattre par la grâce du sacrifice de sa croix, ce que notre volonté et notre amour propres entretiennent de ténèbres. Car elles sont à la racine de tous les maux du monde.

Pour Catherine, sans qu’elle le sache, sa mission sur terre s’imposait avec toute son importance dès cette première apparition, mais elle ne craignit rien en décidant de se fier à l’amour de Jésus pour la conduire. Dans la “cellule intérieure » qu’elle découvrait en elle comme une source, il n’y a que “la douce première Vérité” d’être aimée qui méritait une réponse entière à Celui qui lui apprendrait comment il était l’Epoux de l’Église.

La complexité des implications spirituelles de notre sainte, en faveur de la conversion de la hiérarchie de l’Église, pour la paix de la vie politique en Europe, pour la conduite des âmes qui se confieraient à sa maternité spirituelle, et enfin pour sa propre conversion à une vie pure pour le plaisir de Dieu, ne proviendraient que de Jésus à qui elle s’en remettait tout entière… Avec les résultats de conversion et de renouveau que l’Histoire atteste.

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