Art et contemplation, Compte rendu, Oratoire Séculier

La Résurrection – Cenacolo « Art et contemplation »

La Résurrection du Christ

Texte de référence : L’Évangile selon saint Matthieu, (Mt 28, 1-7 ; traduction : Bible de Jérusalem)

« Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit. Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige. A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit. »

L’Auteur

Raphael Sanzio est né le 6 avril 1483 à URBINO. Son père Giovani était lui-même peintre. En 1499, Raphaël fréquente l’atelier du Pérugin. Il quitte cet atelier âgé de 17 ans avec le titre de maître, lui donnant la possibilité d’’exercer le métier de peintre,

A Florence Raphaël entre en contact avec Léonard de Vinci et Michel Ange. Sa renommée lui vaut d’être appelé en 1508 par le pape Jules II, pour décorer les chambres du Vatican, sa carrière se déroulera désormais au Vatican et à Rome.

L’œuvre

Huile sur bois 52cm x 44cm peinte par Raphael vers 1501-1502

Ce tableau est conservé au Museu Nacional de Bella Artes, à Sao Paulo (Brésil) depuis 1954.

Le Christ ressuscité est représenté s’élevant au-dessus du tombeau ouvert debout sur une minuscule lentille de nuée, au soleil levant. Quelques peintres florentins avaient déjà peint le Christ s’élevant : Andrea Da Firenze 1365, Nicole Gerini 1435 et Fra Angelico 1440. De ce point de vue, il semble s’être inspiré de l’œuvre du Pérugin et de Giovani Bellini 1479. Le Christ juvénile porte une toge rouge à filets dorés et tient de la main gauche une bannière blanche à fine croix rouge, de la main droite il désigne le ciel. Le Christ, centre de tout, pose. Son regard se porte sur terre mais il indique déjà sa future ascension et aussi son retour en sauveur en gloire. Deux anges, dans la même posture symétrique, un bras levé, l'accompagnent de part et d'autre, déroulant leurs phylactères.

Dans la partie centrale basse du tableau, le tombeau représenté par un sarcophage richement décoré est entouré de soldats armés surpris par l'événement, les mouvements semblent marquer la surprise voire l’épouvante. Raphaël situe la scène de façon théâtrale et animée dans un paysage varié, les personnages portant des vêtements colorés et illuminés par une lumière zénithale (soldats sont habillés façon XVIe s.) On peut remarquer un serpent en bas à droite et un oiseau au bord de la rivière à gauche : héron ou grue.

Raphaël attire notre regard sur le léger nuage doré qui est aligné dans le rond du soleil levant,

Un groupe de femmes (les trois Marie auréolées, inconscientes de l'événement) est visible dans le plan éloigné du paysage collinaire, qui fait place, vers la droite, à un fleuve et à une perspective bleutée.



Les disciples d’Emmaüs

Texte de référence : Evangile selon saint Luc 24, 14-35

« Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. »

Le souper à Emmaüs


Le Caravage, 1606
Huile sur la toile, 141 x 175
Pinacothèque de Brera, Milan.

L’auteur

Michelangelo MERISI da CARAVAGIO est né le 29 septembre 1571 à Milan et mort le 18 juillet sur une plage de PORTO ERCOLE à l’âge de 38 ans. Sa vie a été écrite par JOE VANILLE PETREAU en 1672 ce qui va contribuer à conforter la légende de l’artiste qui a eu une vie turbulente suite ininterrompue de rixes et de fuites de ville en ville où il crée à chacun de ses séjours des œuvres. Il marque son temps par un style fait d’ombres et de lumières inspirant d’autres artistes dans les décennies suivantes.

L’œuvre

Mai 1606 : C’est le deuxième tableau du Caravage sur le même thème avec un intervalle de 4 ans. Après des années d’une vie violente, Michelangelo Merisi, s’enfuit de Rome, après avoir tué Ranuccio Tomassoni au cours d’une rixe mettant aux prises huit hommes. Réfugié à Paliano, l’un des fiefs des Colonna, puissante famille à laquelle il est lié depuis son enfance, il peint au moins deux tableaux dont celui-ci avant de quitter, pour Naples, son asile provisoire.

Le Caravage compose une scène resserrée autour d’une petite table au fond d’une pièce. Il dispose le Christ entre les deux disciples les mains écartées en signe d’étonnement. Le disciple de droite se penche vers l’avant en agrippant le bord de la table. Le visage de Jésus est conventionnel, barbu et émacié. Comme ses commensaux, il est vêtu d’une robe et d’un manteau drapé. Les couleurs sont terreuses L’aubergiste se trouve à droite, il est accompagné par une servante. Le demi-cercle des figures, fermé sur les côtés par les étoffes claires, semble sortir du fond sombre qui n’est plus vraiment un mur mais une masse d’ombre percée par une lumière venant de gauche. Elle éclaire la nappe blanche, afin de mettre en valeur la réalité des objets, ainsi que le jeu calculé des mains et des visages, marqués par les contrastes accentués du clair-obscur. La nature morte est réduite à l’essentiel : deux morceaux de pain et un verre de vin rouge foncé caché, en partie, derrière un pichet en faïence. À ces éléments eucharistiques viennent s’ajouter le plat aux légumes verts, une assiette en étain et la jatte avec la pièce de viande, portée par la servante. L’austérité calculée permet de se concentrer sur le pain placé devant le Christ, au centre de la table. Cette position privilégiée rappelle le rôle fondamental de cet ingrédient dans l’épisode du repas à Emmaüs. Le geste de bénédiction est saisi au moment où il va se terminer.

Le moment représenté ici suit immédiatement celui de la reconnaissance. Le Christ est sur le point de disparaître car, malgré sa présence réelle, il ne fait plus tout à fait partie du monde des mortels. Cette différence de nature est indiquée par la pâleur de sa main qui contraste avec l’aspect buriné de celle du disciple. L’aubergiste et la servante, humbles acteurs du quotidien, sont les témoins muets et recueillis de ce qui a lieu.

Repas des disciples d’Emmaüs


Peint par Rembrandt en 1648
Huile sur bois
68 × 65 cm.
Au musée du Louvre

Le thème des pèlerins d'Emmaüs a été également représenté par Rembrandt dans un autre tableau conservé au Musée Jacquemart-André.

L’auteur

Harmenszoon van Rijn, habituellement désigné sous son seul prénom de Rembrandt, né le 15 juillet 1606 ou 1607 à Leyde, aux Provinces-Unies et mort le 4 octobre 1669, à Amsterdam, est généralement considéré comme l'un des plus grands peintres de l'histoire de la peinture, notamment de la peinture baroque, et l'un des plus importants peintres de l'École hollandaise du XVIIe siècle. Il a vécu pendant ce que les historiens appellent le siècle d'or néerlandais, durant lequel culture, science, commerce et influence politique des Pays-Bas ont atteint leur apogée.

L’œuvre

Une des caractéristiques majeures de son œuvre est l'utilisation de la lumière et de l'obscurité (technique du clair-obscur inspirée du Caravage) qui attire le regard par le jeu de contrastes appuyés. Il s’agit d’une scène d’intérieur. Sur la gauche, une lumière tombant d’une fenêtre invisible éclaire sur la table la nappe blanche qui rappelle le suaire, le linceul de Jésus crucifié, retrouvé posé au troisième jour près du tombeau vide… Le Christ est dos à une niche faisant penser aux basiliques chrétiennes. Rembrandt peint pendant la période où la peinture religieuse devient marginale : l’Eglise passée au protestantisme ne passait plus de commande aux peintres. Les scènes qu'il peint sont intenses et vivantes. Une clarté irréelle nimbe le visage du Christ, les yeux levés au ciel, cette figure est distanciée des représentations de la renaissance et des icônes byzantines, tandis. Le pain traditionnel pour le Sabbat des juifs est un pain tressé il est en train d’être rompu. La table est presque vide : 2 assiettes vides et un couteau posé de façon oblique au bord de la table. Et à cet instant les deux disciples, saisis, - l’un recule avec une crainte sacrée, tandis que l’autre joint les mains dans un geste de prière -, le reconnaissent. La figure livide, douloureuse rappelle qu’il vient de triompher de la mort, évoquée par certains détails symboliques comme le verre vide retourné à sa droite, et le crâne brisé d’un agneau, symbole de la mort de « l’Agneau de Dieu », présenté sur le plat à sa gauche. Le contraste entre l’évanescence de l’auréole sur l’ombre verdâtre de la niche du fond qui remplit l’espace à la manière d’une église, et la lumière naturelle qui s’attarde sur les visages, les objets, creusant un clair-obscur avec les tonalités dominantes d’un brun sombre, crée cet instant indéfinissable, et comme suspendu, où la scène représentée va basculer de l’humain au divin.

Les disciples d'Emmaüs


Par Philippe de Champaigne 1656
Peinture à l’huile sur toile
137.5 H ; 179.5 L
Musée des Beaux-Arts Angers,

L’auteur

Philippe de Champaigne est né le 26 mai 1602 à Bruxelles, et mort le 12 août 1674 à Paris, est un peintre et graveur classique français. C'est un élève de Jacques Fouquières, peintre paysagiste à Bruxelles. Il souhaite visiter Rome mais s'arrête à Paris en 1621, se fixe au quartier latin au collège de Laon où il se lie d'amitié avec Nicolas Poussin et travaille chez les maniéristes Georges Lallemant et Nicolas Duchesne. Il devient peintre au service de la famille royale à partir de 1628. Il a participé à la décoration du palais du Luxembourg, dont les pièces maîtresses sont une série de grands tableaux relatant la vie de la commanditaire par Rubens, il décore également le couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Il fait plusieurs tableaux pour la cathédrale Notre-Dame de Paris dont son vœu de Louis XIII, datant de 1638. Protégé par Marie de Médicis et par Richelieu et proche des jansénistes. Son œuvre est vaste. Il est le grand peintre français de son époque avec Simon Vouet (1590-1649). A partir des années 1650 il est concurrencé et supplanté par Charles le Brun (1619-1690)

L’œuvre

Nous retrouvons les caractéristiques des tableaux précédents certainement inspirés des jeux de lumière du Caravage.

Jésus-Christ entouré de trois disciples, à mi-corps, est assis de face devant une petite table recouverte d’une nappe blanche à la façon d’un linceul qui vient d’être déplié. Sur la table sont posés des fruits, un pain et un couteau posé au bord de manière oblique pointant l’assiette de fruits, une salière en forme de pyramide : Sa base carrée repose solidement sur la terre tandis que son sommet lui fait rejoindre le ciel : la pyramide canalise, amplifie, transmet les énergies cosmiques et solaires. Elle permet aux hommes de se rapprocher des dieux. Elle apparaît dans les grands rêves initiatiques, ceux qui délivrent au rêveur un enseignement sur sa vie." Hélène Renard -"Dictionnaire des rêves"

Le Christ rompt le pain en levant les yeux au ciel, une légère lueur enveloppe sa tête.

Les disciples ainsi que l’aubergiste dans l’ombre, sont surpris, celui de gauche recule celui de droite semble au contraire s’approcher du Christ et va lui parler. Sa main droite est dans l’ombre du corps du Christ, juste avant qu’il disparaisse. Le temps est suspendu.

L’incrédulité de Saint Thomas

Texte de référence : Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

« C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom. »

L’œuvre

Huile sur toile
107 × 146 cm
Palais de Sanssouci Postdam
Peinte vers 1601-1602,

Le tableau a été peint pendant la période de vie romaine du Caravage. Les trois apôtres seulement (Saint Jean et Saint Pierre se tiennent derrière Saint Thomas pour observer son geste) regroupés en un ensemble compact, dans une scène horizontale et un cadrage aux trois quarts,

Les figures humaines émergent d’un noir profond comme si elles étaient en relief, les 3 apôtres ont le corps plié, vers les Christ en blanc droit debout du côté d’où vient la lumière, cette lumière, qui vient de la gauche du tableau, du lieu et du temps d’où il arrive – le tombeau de la résurrection – ne vient éclairer que d’autres plis : le drapé blanc de son habit.

L’espace scénique se définit en un losange dont les sommets sont les têtes, en ligne de trois mains illuminées : Le Christ a posé sa main gauche sur celle de Thomas pour la guider vers la plaie. La main de Thomas prend le relais d’un œil trop lointain, qui ne semble pas regarder la plaie du Christ, serait-il aveugle ? La pénétration du doigt dans la plaie, ouverte comme deux lèvres, rend la scène violente même s’il n’y a pas de sang, le doigt semble écarter ces lèvres. Les rides des trois fronts stupéfaits des apôtres, et surtout la petite déchirure du tissu à l’épaule gauche de Thomas, de même taille que le stigmate costal, intensifient le sujet. Ici, voir, c’est être avalé par le visible scruté : dans la nuit du tombeau, la lumière venue de la résurrection met les chairs à nu et dévoile l’évidence opaque du miracle, évidence aussi sèche que la plaie exsangue, semblable à un trou de sens qui aspire les corps.

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