Confinement

Homélie du Mardi de Pâques

P. François Weber

Nous sommes incontestablement une civilisation de la technologie. C’est même la réalité que le confinement ne nous enlève pas – au contraire.

Une civilisation de la technologie devient peu à peu obsédée par les moyens. Nous ne nous posons jamais d’abord la question du quoi mais tout de suite la question du comment : comment allons-nous faire pour ? Et non pas : quel est l’objectif ? Comment allons-nous communiquer ? est toujours la question qui précède : Qu’avons-nous à dire ? Nous avons mis des satellites sur l’orbite terrestre pour pouvoir nous envoyer des émoticones.

Ce n’est pas là une critique de notre société mais une simple constatation. Il faut savoir où la pente nous mène automatiquement pour ne pas la descendre sans liberté. Le confinement nous fait poser la question du comment allons-nous faire. Ce que le Seigneur veut que nous fassions, en revanche, paraît aller de soi. Est-ce si sûr ?

“Dis-moi où tu l’as mis et j’irai le chercher” – comment vais-je faire pour m’occuper du corps du Seigneur puisqu’il a disparu ? C’est d’ailleurs une bonne question mais elle en manque une précédente : où est le corps ? Sa disparition est-elle la volonté de Dieu ? De même que Naaman le Syrien pense qu’il faut nécessairement que le prophète agite sa main sur l’endroit blessé – c’est ce qu’il doit faire pour…

Le Ressuscité nous invite, comme à chaque instant de notre vie d’ailleurs, à prendre conscience que seul Dieu compte : seul Dieu fait croître, seul Dieu donne la grâce, seul Dieu donne la vie, seul Dieu sauve. Le reste est une question de moyens – et il faut qu’elle reste une question secondaire.

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  • Isabelle Bridet Reply
    14 avril 2020 at 12 h 02

    Capito ! 🙂

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