Confinement

Vendredi de Pâques

P. David Vaimbois

Il est beaucoup question de noms dans les textes d’aujourd’hui, mais par-dessus tout du Nom (avec un N majuscule). Nous voyons que, depuis Moïse, quand il est question de salut, il est aussi question du Nom par qui ce salut arrive. « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » (Ex 3, 13). Un nom, dans la Bible, désigne plus qu’un prénom ou un sobriquet… Il désigne toute la personne et sa vocation (pensez aux changements de noms qui suivent un appel dans la Bible). Ainsi, « Le Nom » désigne Dieu Lui-même. C’est ainsi que Jésus nous a enseigné à prier notre Père : « que Ton Nom soit sanctifié ».

Donc, à travers la question du Nom, une fois de plus Dieu et son salut sont mis en jugement : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » (Ac 4, 7). La réponse est toujours la même : c’est LE-SEIGNEUR ! « Dieu dit à Moïse : "Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS’ […] Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR’ " » (Ex 3, 14-15). « "C’est le Seigneur !" Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau » (Jn 21, 7).

Depuis Moïse, depuis la révélation du Nom de Dieu – imprononçable et ineffable – quand il est question du salut, il est toujours question du Nom. Jusqu’au moment où Le-Nom, Dieu Lui-même, s’est appelé Salut : « tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21)1.

« Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » (Ac 4, 7). Simon-Pierre "se jette à l’eau" et poursuit sa mission d’évangélisation. Dans l’Esprit Saint reçu à la Pentecôte, avec audace, il montre que l’Écriture s’accomplit : « Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant » (Ac 4, 10). Nous l’avions aussi entendu hier : « au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche » (Ac 3, 6). Ainsi, « tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous » (Ac 3, 16). Oui, en Jésus, Le Nom (c’est-à-dire le Seigneur Dieu) s’appelle Salut : « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12)2.

Dans la Foi, donc, invoquons le Saint Nom de Jésus : « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, aie pitié de moi, pécheur ». L’invoquer c’est vivre en sa présence, en présence de son Salut. L’invoquer c’est vivre dans la puissance de Sa Résurrection. Quand nous L’invoquons, nous n’invoquons pas un fantôme ou un esprit mais un être bien réel. Nous entendons aujourd’hui ce que nous entendions hier, dans un autre contexte, mais qui montre la réalité, le caractère concret de la Résurrection, de la chair glorieuse du ressuscité : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » (Jn 21, 5 ; cf. Lc 24, 41). Osons dire au Seigneur que Sa Nourriture nous manque. En invoquant Son Nom dans la prière, laissons-Le ajuster nos cœurs au don de l’Eucharistie, par un désir toujours plus affiné. Qu’Il remplisse les filets de notre cœur par des poissons, I-CH-TH-U-S en grec, qui est l’acrostiche de : Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Par ton Nom, Seigneur, sauve- nous : Seigneur Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, aie pitié de nous, pécheurs.



1 Notez que ce Nom est le seul prononcé, dans les évangiles, par le silencieux saint Joseph.

2 Notez la répétition nom/salut.

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  • Didier Rance Reply
    18 avril 2020 at 15 h 47

    Merci P. David,
    votre homélie est aussi spirituelle que didactique, nourrissant le coeur autant que l’intelligence.

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