A venir, Dimanche Matin

Méditation du Cenacolo du dimanche matin pour le Samedi 11 avril

Le Cenacolo du Dimanche matin se réunit pour partager autour de l’Évangile et d'une méditationdu Frère Carme Anthony-Joseph. Ce mois-ci, la réunion a exceptionnellement lieu samedi matin à 9h00 après la messe de 8h30.

La prochaine rencontre sera le Dimanche 10 mai.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux.
Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Extrait de prière( Cardinal John Henry Newman )

Je t’adore, ô mon Dieu, avec Thomas et, si comme lui, j’ai péché par manque de foi, je t’adore d’autant plus . Je t’adore comme le Seul Etre adorable. Je t’adore comme étant plus glorieux dans tes humiliations, lorsque les hommes te méprisaient, que lorsque les anges t’adoraient. Deus meus et omnia. » Mon Dieu et mon tout.

Dieu vient nous rejoindre

Lorsque en l'an 2000, le Pape Jean Paul II a institué la fête de la Miséricorde divine, célébrée, depuis, chaque année, le 2 e dimanche de Pâques, il n'a pas eu besoin de créer un nouveau formulaire liturgique pour cette fête. Il a suffi de compléter l'intitulé de la journée : « 2e dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde ». Il faut dire que l'oraison du jour parlait déjà de miséricorde : « Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce... » . Cela tombait bien ! Mais plus profondément encore, la Parole de Dieu et la liturgie ne cessent de nous parler de la miséricorde, puisqu'elles nous font rencontrer de façon vivante Jésus, qui est « le visage de la miséricorde du Père », selon l'expression du Pape François. La fête de ce jour, dans la lumière de Pâques, nous conduit à en prendre conscience plus vivement.

Par sa miséricorde, Dieu vient inlassablement nous rejoindre, aussi loin de lui que nous soyons, quels que soient les enfermements dans lesquels nous nous trouvons. Les disciples en font l'expérience le soir du premier jour de la semaine, après la mort de Jésus. Par peur, ils se sont barricadés dans leur maison : ils n'ont pas suivi leur maître et ami jusqu'à la croix et maintenant, ils craignent peut-être de subir le même sort que lui. Dans le réel, ils n'ont pas été solidaires du Crucifié ; dans l'imaginaire, ils se figurent qu'ils vont devoir payer leur lien avec lui ; c'est pathétique... et pourtant notre propre cœur n'est-il pas également capable, parfois, de suivre des chemins aussi tortueux ? Alors, qui fera sauter les barricades qui emprisonnent notre cœur, pour que nous puissions vivre et aimer en vérité ? « Jésus vint et il était là au milieu d'eux » : voilà la seule personne qui soit capable de franchir des portes hermétiquement closes sans pour autant entrer par effraction ! Les voleurs et les violeurs, brutalement ou subtilement, entrent toujours par effraction. Dieu, lui, ne fait jamais ainsi. En fait, et c'est bien le mystère de sa miséricorde, nous avons beau nous éloigner de lui, Dieu ne s'éloigne jamais de nous, il ne quitte jamais la demeure de notre cœur. Le soir de Pâques, le Ressuscité s'éveille dans le cœur des disciples et leur offre la clé de leur propre cœur, afin qu'ils s'ouvrent à la vie nouvelle de Jésus.

Nous avons reçu la clé, mais il nous faut du temps pour avoir le courage de tourner cette clé dans la serrure : huit jours plus tard, les portes sont encore verrouillées ! C'est à peine croyable : il est donc possible d'avoir vu le Ressuscité, d'avoir entendu son salut de paix, d'avoir reçu le don de l'Esprit Saint et de garder son cœur barricadé. C'est à peine croyable... comme ces disciples nous ressemblent ! Que s'est-il passé pendant les huit jours qui ont séparé les deux manifestations du Ressuscité ? Peut-être les disciples n'ont-ils pas réussi à être des relais de la miséricorde auprès d'un des membres plus fragiles du groupe. C'est Thomas, qui « n'était pas avec eux quand Jésus était venu » - dans tout groupe, dans les familles, voire dans les communautés, il y a toujours celle ou celui qui n'est pas là au bon moment, n'est-ce pas ? Il importe alors d'être auprès d'eux des bons relais de la bonne nouvelle du salut. Au sujet de Marie-Madeleine, lorsqu'elle était revenue du tombeau, le matin de Pâques, l'évangéliste saint Jean nous avait rapporté qu'elle avait déclaré aux disciples : « J'ai vu le Seigneur et voilà ce qu'il m'a dit.» Le soir de Pâques, les disciples se contentent de dire à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur », mais sans lui annoncer ce qu'il leur a dit . Comment pourrait-il croire sans avoir entendu ? Privé par ses frères défaillants de la proclamation de la bonne nouvelle, Thomas dit en quelque sorte sa souffrance : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Eh bien, la miséricorde de Dieu vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes. Le huitième jour, alors que toutes les portes sont encore barricadées, la porte du cœur de Thomas, comme celle des autres disciples, Jésus se manifeste et vient, par sa miséricorde, avec une prédilection spéciale, prendre soin de Thomas, en prenant au sérieux son cri de douleur : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant ». Pendant la dernière Cène, Jésus avait eu un geste unique de prédilection pour Judas, celui qui allait bientôt chanceler et trahir, en lui donnant la bouchée, geste de communion qu'il n'avait adressé à aucun autre. Maintenant, ressuscité, il vient toucher le membre le plus fragile du groupe, d'une manière unique, et il fait ainsi grandir toute la maisonnée. En disant à Thomas : « Sois croyant » , Jésus a libéré en son cœur le dynamisme de la foi, et Thomas, au nom de tous, peut s'écrier « Mon Seigneur et mon Dieu ! » - et il en oublie de toucher la marque des clous et le côté transpercé...

Jésus n'aura donc pas besoin de lui dire, comme à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas ! ». Inlassablement patient, Dieu vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes et , par sa miséricorde, il nous donne d'ouvrir de l'intérieur la porte de notre cœur. Il nous appelle à être relais de sa miséricorde, car il n'est pas possible de recevoir seul le don de Dieu, comme il n'est pas possible de le garder pour soi. « Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés.»

Frère Anthony-Joseph
Trésors spirituels du Carmel

Illustration : L'Incrédulité de saint Thomas (en italien : Incredulità di San Tommaso) Le Caravage (1571-1610) vers 1603 conservé au Palais de Sanssouci de Potsdam

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