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Méditation du Cenacolo du Dimanche matin pour le 11 janvier

Dimanche prochain 11 janvier, nous fêtons le Baptême du Seigneur.

Le Cenacolo du Dimanche matin se réunit pour partager autour de l’Évangile et d'une méditation de André Louf (1929-2010), père abbé de l'abbaye du Mont des Cats. En voici le texte pour ceux qui ne pourraient pas venir :

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)

        Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

Méditation : D'abaissement en transfiguration

Cet Évangile comporte deux temps, les deux temps d'un baptême : la descente dans l'eau et la remontée de l'eau. Au premier temps, c'est Jésus qui se présente et Jean qui se refuse . Comment ? Celui dont il n'est pas digne de dénouer la courroie des sandales voudrait recevoir de lui le baptême ? Mais Jésus insiste. Si, c'est bien pour cela qu'il est venu, c' est par ce geste qu'il va accomplir, conduire à son accomplissement, en ce qui le concerne, toute justice, c'est à dire toute sainteté . Jean ne l'avait-il pas désigné comme celui porte et qui enlève à la fois les péchés du monde ? Qu'il le laisse donc maintenant se mettre au rang des pécheurs, ensevelir leur péché dans les eaux du Jourdain, accepter la nudité du pécheur repentant, et courber sa tête sous une eau qui n'a rien à purifier en lui. Et déjà nous devinons un avenir qui se rapproche : Jésus crucifié entre deux larrons, définitivement compté parmi les pécheurs. Voici pour la descente des eaux .

Et puis la remontée des eaux aussi surprenante. Car c'est là, au plus profond de son abaissement, alors que Jésus est complètement identifié aux pécheurs que nous sommes, et qu'il se trouve, pour ainsi dire, au plus bas de l'humanité, c'est là aussi que la Pâque, elle-
aussi se laisse deviner. Le ciel s'ouvre et Dieu se fait entendre. Telle la colombe au-dessus du tohu-bohu de la première création, l'Esprit vient reposer sur Jésus . Mais surtout le Père prend la parole. Et quelle parole ! « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi est tout mon amour ! ». C'est la première fois que Jésus entend ces paroles avec ses oreilles d'homme et dans un langage humain . L'amour de son Père, il en était certain depuis toujours, mais jusqu'à présent cet amour ne pouvait s'exprimer que par le silence éternel qui, au dire des Pères
orientaux, règne entre le Père et le Fils, silence auquel nous serons admis un jour. Mais lorsque ce silence trinitaire, en Jésus devenu homme, touche notre création matérielle, il explose, ce silence éclate en une déclaration d'amour, la plus belle qui fût jamais prononcée et entendue en langage humain.Quelle ne dut pas être l'émotion de Jésus-homme, et la joie aussi de Dieu son Père. Exultation et exaltation au cœur même de son abaissement.
Or cette parole, adressée à Jésus est adressée à nous aussi, aujourd'hui. Un jour Jésus l'a dit clairement : « Le Père vous aime, comme il m'a aimé ». Nous aussi, quels que soient notre abaissement, nos humiliations, notre péché, le Père nous reconnaît et nous enveloppe
sans cesse de son amour, et cela dès le moment où, comme Jésus, nous consentons à nous mettre au rang des pécheurs. Car pour nous aussi, c'est là conduire à son accomplissement toute sainteté.
A une autre occasion, dans la vie de Jésus, le Père prononcera les mêmes paroles d'amour : sur le Thabor de la Transfiguration, l'autre face de l'abaissement du baptême. C'est ainsi que Jésus a cheminé sur cette terre, d'abaissement en transfiguration, mais toujours
enveloppé de l'amour de son Père. C'est de la même façon que nous marchons à sa suite ; d'abaissement en transfiguration, essayant sans cesse de capter la voix de son Père : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi est tout mon amour ».

S'abandonner à l'amour
Dom André Louf

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  • Isabelle BRIDET Reply
    11 janvier 2026 at 15 h 16

    Merci de partager ces méditations !

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