Le Cenacolo du Dimanche matin se réunit pour partager autour de l’Évangile et d'une méditation de Don André Louf. Ce dimanche 8 novembre, la réunion commence par l'oraison à 8h15 pour ceux qui peuvent, se poursuit avec les laudes à 8h45 puis la messe 9h30 en enfin un temps de tractatio jusqu'à midi. La rencontre est ouverte à tous !
Voici les textes pour ceux qui ne pourraient pas venir :
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’ Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Prière
Restez avec moi, et alors je viendrai à briller comme vous-même brillez, à rayonner au point d'être une lumière pour les autres. La lumière, ô Jésus, viendra toute de vous. C'est vous seul qui luirez sur autrui à travers moi. Eclairez-les, et moi aussi ; éclairez-les en m'éclairant, à travers moi. Que je témoigne de vous, non en prêchant – non par des mots, mais par l'exemple, par empathie, par l'influence de mes actes- par ma ressemblance avec vos saints et l'amour tangible dont mon cœur déborde pour vous. (J.H. NEWMAN)
En attendant l'époux
Le royaume de Jésus qui nous attend, Jésus l'a souvent comparé à des noces. Il n'y a sur terre pas de plus belle fête, ni de plus somptueux festin, ni de plus grande joie et allégresse. Il y a l'époux et l'épouse , éclatants de jeunesse, radieux de bonheur ; il y a les parents, les amis, les invités. C'est à pareille assemblée de fête et de réjouissances sans fin que Jésus compare son Royaume. Mais ces noces ne sont pas pour tout de suite. Les portes du festin sont encore fermées, et un certain temps doit s 'écouler avant qu'elles ne s'ouvrent. Personne ne sait d'ailleurs quand cela se fera. L'incertitude est totale. Ce qui compte c'est d'être là et d'attendre sans se lasser.
Or l'époux tarde, dit la parabole, et la nuit semble déjà avancée . Veiller est rude, et toutes celles qui attendent, toutes sans exception, se sont laissées aller au sommeil. Jésus ne leur en fera pas de reproche. Il est normal que le temps qui s'écoule et l'époux qui semble être en retard mettent les nerfs à rude épreuve, et aussi la ferveur : notre veillée se relâche.
Mais encore une fois, ce n'est pas cela que Jésus reprochera aux vierges imprévoyantes, ni ce qui leur fera manquer la fête. Jésus est un peu habitué à nos sommeils. Les apôtres aussi ont été vaincus par le sommeil à des moments tout aussi importants : sur le mont Thabor, même au jardin de Gethsémani. Les hommes sont ainsi bâtis et Jésus sait ce qu'il y a dans l'homme.
D'autant plus que lorsque l'époux sera là, une voix forte les réveillera toutes : « Voici l'époux qui vient, sortez à sa rencontre !». Toutes se réveillent en sursaut, mais c'est alors que le drame se noue. Les unes ont été prévoyantes, sages disait-on jadis, et ont apporté une réserve d'huile ; les autres ont été imprévoyantes – folles ou sottes, comme on disait – et, privées d'huile, leurs lampes s'éteignent . Est-il encore temps de s'approvisionner ? Hélas ! C'est précisément entre-temps que l'époux se présente, que les portes s'ouvrent et que celles qui étaient prêtes peuvent entrer auprès de l'époux. Les autres, lorsqu'elles s'en retournent du marché, se trouvent devant une porte fermée. Elles frappent et crient : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. « Or la réponse de l'époux est cinglante : « Je ne vous connais pas ! »
Jésus ne nous a pas donné le détail de l'interprétation de cette parabole, alors que nous serions heureux de savoir à quoi correspondait, dans son esprit, cette huile qui manquait si cruellement aux vierges folles. Pour avoir mérité une réponse aussi dure de la part de l'époux, cette huile devait représenter une chose très importante.
Jésus nous a seulement laissé deviner l'interprétation. Les Pères de l'Eglise et les exégètes en ont laissé un certain nombre, toutes également valables. La conclusion de la parabole nous fournit peut-être une indication. Aux cris des vierges retardataires, l'époux est revenu sur ses pas et se tient derrière la porte close. Il va leur refuser l'entrée. Mais pour quel motif ? Elles sont vierges, aussi irréprochables et méritantes que les autres, mais cela ne suffit pas. Elles ont dormi au lieu de veiller, mais les autres aussi, et personne ne leur en fait grief. Mais c'est l'huile qui leur a manqué, et donc aussi la lumière : leurs lampes se sont éteintes. Or, pour motiver son refus de les admettre aux noces, l'époux leur dit : « Je ne vous connais pas.» Jésus ne les a pas reconnues. Elles ne sont pas reconnaissables par lui. Pourquoi ? Peut-être parce qu'elles ne lui ressemblent pas. Seule celle qui ressemble aussi parfaitement que possible à l'époux peut prétendre devenir son épouse.
Or elles ne lui ressemblent pas parce qu'elles n'ont pas su apprendre de Jésus qui et comment il était : « Apprenez de moi, avait-il dit, que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos ». Au lieu du repos, il aurait pu dire : les noces et la fête sans fin. L'huile qui leur a manqué, c'est l'humilité et la douceur de Jésus ; et la lumière que, partant, elles n'ont pas pu allumer, c'est son amour sans limites ; « Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux « , et « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». L'humble amour, qui est l'image la plus parfaite de Jésus et de son Père parmi nous sur terre, c'est cet humble amour, pour Jésus et pour le monde entier, qui leur a fait défaut ; cet humble amour qui à lui seul est capable de forcer les portes du festin des noces, les portes du Royaume de Jésus.
S'abandonner à l'amour
Dom André Louf
